
Après une dizaine d’années d’exercice où j’ai accompagné des femmes et des hommes victimes de maltraitances parentales ou au sein du couple : conjoints pervers narcissiques ou de sociopathes,
j’ai décidé en 1997 de passer un DIU de Criminologie et Victimologie à Rennes crée à l’initiative du Professeur Loic Villerbu.
Mon objectif était d’avoir une formation multi-axiale des processus de maltraitance chez les hommes comme chez les femmes et leur impact sur leurs victimes sur le plan psychopathologique afin de les accompagner au mieux vers un processus de guérison.
Le phénomène en chiffre :
Une des dernière étude menée par l’INED, une enquête sur la violence et les rapports de genre publiée aux éditions Virage en 2015 parle d’1 femme agresseur pour 49 hommes
S’ il est absolument indispensable d‘accompagner les victimes, de leur offrir un espace pour exprimer leur souffrance et se reconstruire, il n’en reste pas moins indispensable d‘avoir une compréhension du profil des agresseurs.
Après l’obtention de mon diplôme dont le mémoire étonnamment s’intitulait « Les fausses allégations d’abus sexuel : un processus de victimisation secondaire » j’ai proposé mes services à la justice et j’ai réalisé pendant dix ans des enquêtes sociales pour le Tribunal de Grande Instance de Rennes et Saint Malo.
Parallèlement j’ai proposé mes services à des Juges d’Application des Peines afin de recevoir en consultation des patients délinquants ayant l’obligation de suivre un protocole de soin après un jugement.
Le processus qui conduit au passage à l’acte trouve son origine la plupart du temps mais pas toujours dans l’histoire des patients.
Ils ont été victimes de maltraitance dans leur enfance et ou on été élevé dans des familles dysfonctionnelles.
Ils ne font que répéter le seul modèle qu’ils connaissent.
Si en France l’injonction de soin s’effectue la plupart du temps lors d’entretien individuel, il existe d’autres modèles qui me semblent plus opérants notamment dans les Pays scandinave, au Canada et aux USA.
J’ai donc décidé de me former auprès de Formateurs Canadiens spécialisés dans ces protocoles de soin en groupe grâce à une Formation proposée par le centre de Formation Forsyfa à Nantes dont Monsieur Paul Segalen était responsable.
Ce modèle me semble de loin être le plus adapté et force de constater que les taux de récidive environ de 30% dans ces pays est très inférieur aux taux de récidive en France.
Si la confrontation à la loi est une première étape dans la prise de conscience des processus de maltraitance exercé à l’encontre des victimes, cela reste bien insuffisant.
Depuis peu en France on tente de mettre en place des protocoles de prévention dans le cadre scolaire car effectivement il existe des signes, des comportements agressifs et de violence tels que le harcèlement, les coups, les humiliation verbales qui malheureusement peuvent conduire à des passages suicidaires chez les victimes mais il me semble qu’on a trente ans de retard.
Ces symptômes ne sont pour moi que la partie immergée de l’iceberg et plus on intervient tôt et plus on a de chance d’éviter des passages à l’acte chez les adultes.
N’oublions pas une chose l’agresseur sera toujours à la recherche d’une proie.
Si sa proie parvient à s’extirper de son emprise, il en choisira une autre.
Rappelons que tout à chacun peut tomber sur un prédateur, un homme ou une femme violent verbalement ou physiquement.
Les formes de maltraitances sont variées allant du contrôle absolue de sa victime jusqu’au meurtre en cas de rupture.
L’autre est chosifié et la rupture est vécue parfois comme une violence par l’agresseur.
C’est dans ce contexte que le risque de passage à l’acte est omniprésent.
La prévention, l’intervention et l’accompagnement des familles, la confrontation à la loi et des protocoles de soin opérants devraient à moyen ou long terme permettre de diminuer le nombre de victimes.
La repression ne peut en soit comme on l’a évoqué résoudre le problème.