Comment transformer des épreuves en ressources

Boris Cyrulnik dans son livre « le murmure des fantômes » dit :

« la résilience c’est une stratégie de lutte contre le malheur qui permet d’arracher du plaisir à vivre, malgré le murmure des fantômes au fond de sa mémoire » 

Existe-t-il des traumatismes plus impactant que d’autres sur la santé mentale ?

* L’absence de soin : l’isolement affectif

Différentes études ont mis en évidence que les carences affectives comme l’absence de contact physique et de stimulations chez le bébé, notamment après avoir observé le comportement des enfants dans les pouponnières ou les orphelinats laissent des traces irréversibles sur la santé physique notamment sur le développement psycho-moteur et mentale.

René Spitz est le premier chercheur dans les années cinquante a avoir mené une étude à ce sujet inventant le concept d’hospitalisme repris par de nombreux pédopsychiatres et psychologues.

Quelque soit le milieu social dont on est issus, des parents en souffrance sont dans l’incapacité de donner ce qu’ils n’ont pas reçu.

Selon certaines études

* 77 % des enfants présentent des déficiences intellectuelles graves

* 33 % seront en incapacité d’obtenir un CAP

* 95 % ont peur de devenir parents ce qui les conduit à mettre en place des conduites d’évitement.

Ils ont du mal a s’investir dans une relation stable et si toutefois ils y parviennent

* l’arrivée d’un enfant les angoissent ce qui est ressenti par le bébé qui développe un sentiment d’insécurité chronique.

Cette carence affective induit des comportements chez le bébé et l’enfant pour tenter de pallier à ce manque :

  • La succion du pouce peut durer bien au-delà de la norme.

* Le bébé ou l’enfant en bas âge parle tout seul.

* Il peut se balancer pour se calmer.

* se réfugier dans le sommeil 

* Il s’empêche de penser pour ne pas trop souffrir

* Dès qu’il en en capacité de le faire il développe une capacité d’observation hors norme afin d’identifier l’état d’esprit de ses parents et d’anticiper peut-être le comportement à avoir, qu’on attend de lui ou de se protéger par anticipation du rejet, de la violence physique ou morale.

La répétition des schémas : une question de santé publique 

* 70 % des enfants violentés ou carencé affectivement deviennent violents

* 30 % adoptent des comportements différents

Mais alors comment l’expliquer ?

Nous connaissons tous au moins une personne dont on connaît l’histoireet le parcours et dont on se dit : « comment il a fait pour s’en sortir ?

La plupart d’entre elles ont trouvé dans leur entourage des tuteurs de résilience : au sein de la famille : une grand-mère ou un grand-père aimant ou à l’extérieur : une assistante maternelle,, un éducateur, un instituteur…

Et même si les aménagements pour trouver une part de bonheur peuvent en questionner certains, nous ne pouvons qu’être admiratif du chemin parcouru afin de ne pas sombrer dans la folie.

Bibliographie :

Boris Cyrulnik, Le murmure des fantômes, Odile Jacob, février 2003.