Le phénomène en chiffre :

En France, cette pathologie toucherait 1à 2,5%de la population.

Elle induit un état de souffrance chez les patients mais aussi dans leur entourage notamment dans les phases maniaques.

Les éléments qui permettent de poser un diagnostic de bipolarité :

Si hier on parlait de psychose maniaco-dépression, aujourd’hui on parle de bipolarité.

Cette maladie se caractérise par :

* les phases dépressives :

Qui se manifestent comme un état de léthargie mélancolie appelées autrefois les langueurs : les malades ne font rien ou très peu de choses, les idées suicidaires peuvent être omniprésentes

*des phases maniaques

* le cerveau est en effervescence en permanence,

* l’hyperactivité jusqu’à l’épuisement,

* les conduites addictives tels les achats compulsifs peuvent aller jusqu’à mettre la personne en difficulté financière

* des troubles du sommeil.

La durée des phases varie de quelques mois à quelques semaines avec des épisodes dépressifs souvent plus longs que les épisodes maniaques.

L’entrée dans la maladie :

Les premiers symptômes apparaissent statistiquement entre 15 et 25 ans mais il y a des exceptions.

Il semblerait qu’il existe des facteurs génétiques………

Tout changement de vie peut-être potentiellement déclencheur de la maladie.

Les premiers symptômes peuvent apparaître suite à :

* un traumatisme

* l’arrivée d’un enfant

* la passation d’un examen

* le départ du domicile pour faire des études

* un déménagement

Cette pathologie parfois identifiée tardivement épuise le patient mais aussi son entourage.

L’histoire de Patrick

Patrick vient me consulter en 2006 sur les conseils de son épouse.

Je le reçois seul, puis je rencontre sa femme et enfin je les voie en couple afin d’améliorer la communication entre eux.

Il ne va pas bien du tout malgré son traitement assez lourd.

Il me raconte que sa vie est rythmée depuis ses vingt ans par ses hospitalisations à Hôpital Psychiatrique de Rennes à chaque fois qu’il présente des accès maniaques le conduisant à avoir des comportements inadaptés.

Il n’en plus plus, ne croit plus en rien, mais malgré tout il a fait la démarche de venir me voir « on ne sait jamais »

Il me parle de son enfance, de son père qui le battait et lui disait toujours que c’était un bon à rien.

Sa mère n’a jamais pris sa défense : « elle laissait faire et dire ».

Il est en arrêt maladie mais désire reprendre son travail dans le lycée ou il a un poste d’entretien.

Il rêve de travailler dehors, de s’occuper du jardin, des fleurs, d’obtenir un poste de paysagiste qu’on lui refuse sans qu’il en connaisse les raisons.

Il s’investit a fond dans son travail, certainement même trop ce qui le conduit progressivement à un épuisement.

Il n’a pas de vie sociale à l’exception de sa femme et de la famille de sa femme.

Il est très réservé mais je découvre aux cours des entretient qu’il a un garage rempli d’outils mais très mal rangé.

Au fur et à mesure des séances, il décide de ranger son garage.

C’est un bon début.

Ce petit objectif sera le début de son processus de changement.

Ce que j’observe aussi c’est une modification au niveau de sa présentation : de son habillement notamment, il semble porté d’avantage d’attention à l’image qu’il donne de lui.

Après des séances par tranche en fonction de sa demande, il ne retourne pas à l’hôpital.

Son médecin psychiatre a accepté de modifier son traitement au fur et à mesure de son évolution.

Il a perdu du poids et retrouvé goût à la vie.

Il a enfin obtenu le poste dont il rêvait et était heureux de m’annoncer lors de notre dernier entretien que son appartement était fini d’être payé.

Son second rêve était d’ avoir une DS, il pourrait peut-être le réaliser.

Conclusion :

Dans ma pratique, l’accompagnement se fait soit par phase notamment dans les phases dépressives ou au long court.

Plus le diagnostic est posé tôt et parfois ce n’est pas simple, et plus la prise en charge peut-être efficiente associant un traitement médicamenteux adapté et souvent à vie associé à une psychothérapie centrée solution.

Bibliographie

Has, Troubles bipolaires : repérage et diagnostic en premier recours